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Paru dans le Journal du Jura le 03 mai:

 

Les squatters refusent de quitter les lieux

Comme le révélait le journal Biel Bienne mercredi, les squatters de La Biu, au chemin des Saules 38-40, ont reçu l’ordre du propriétaire d’évacuer les lieux d’ici au 19 mai, sous peine de voir intervenir la police. C’est que le maître des lieux, l’Office cantonal des ponts et chaussées (OPC), estime que les squatters n’ont pas respecté leurs engagements. «Dans les négociations que nous avons eues depuis l’occupation en juin 2007, nous avions demandé que des travaux de remise aux normes soient entrepris à leurs frais. Les squatters devaient également financer le loyer des places de parcage que nous aurions pu construire sur la parcelle, une fois la bâtisse démolie», explique Jean-Pierre Zürcher de l’OPC. Les Ponts et chaussées exigeaient également le paiement des factures d’eau et d’électricité. Or, selon l’OPC, les travaux de remise aux normes n’ont pas été complètement effectués, la location des parkings n’a pas été payée et les factures d’Energie Service Bienne (ESB) arrivaient à l’OPC.

Du côté des squatters, on ne voit pas les choses de la même façon: «Les 3000_fr. par année pour les parkings ont été versés sur un compte bloqué, mais pas directement à l’OPC. Comme nous n’avons pas obtenu de contrat de bail, qu’allait-il advenir une fois les 3000_fr. payés? Nous n’avions aucune garantie de pouvoir rester», explique Daniel (prénom d’emprunt).

Les occupants estiment par contre avoir pleinement rempli leurs devoirs dans la remise aux normes de la maison. «Nous avons effectué des travaux de plomberie, enlevé les éléments dangereux de la façade et rénové le réseau électrique et le chauffage à nos frais et ce, jusqu’à fin mars, comme convenu. Nous avons fait inspecter la maison par des architectes qui ont estimé que sa sécurité était comparable à celle de la moitié des objets loués en ville», assure Daniel. Preuves en main, Daniel indique que les rapports des architectes et de l’électricien ont été envoyés à l’OPC.

Concernant les factures d’ESB, Daniel affirme qu’elles n’arrivaient pas chez eux et qu’ils les recevaient de l’OPC seulement trois jours avant la coupure de l’électricité ou de l’eau, les frais de rappel en plus.

L’OPC a décidé également de faire évacuer les lieux en raison des problèmes liés au bruit:_«La police a dû intervenir», explique Jean-Pierre Zürcher. René Geiser, de la police municipale, estime pourtant que les squatters n’ont pas engendré un nombre d’interventions sensiblement plus élevé que d’autres locataires.

Reste que l’évacuation n’aura sans doute pas lieu le 19 mai, celle-ci n’ayant pas été ordonnée par un juge. En attendant, les squatters font circuler une pétition dans laquelle ils demandent à pouvoir rester jusqu’au début des travaux de construction de l’autoroute A5, dont le tracé est prévu à cet endroit. Avec leur friperie et leur bibliothèque, ils estiment offrir un lieu de culture alternative à la ville. Pour l’heure, ils ont recueilli 1500 signatures. Ils remettront la totalité des paraphes le 13 mai à l’OPC. Avant cela, ils organisent une manifestation «bruyante, ludique et festive» samedi prochain à 14h à la place Guisan._/vb

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